LA FATIGUE CULTURELLE

La Fatigue culturelle est un projet d’entreprise fictive de détournement culturel créé en 2014. Ses réalisations se définissent par un humour caustique et par des propensions extra-artistiques. Elle déroge des territoires de l’art pour mieux dialoguer avec le réel. Elle compte à son actif 5 œuvres-interventions :

Petit guide à l’usage d’une Fatigue culturelle

Présenté à la Galerie UQO du 2 mai au 8 juin 2018

Dans le cadre de l’exposition collective Tout contexte est art, commissariée par Jean-Michel Quirion, La Fatigue culturelle dévoilait le Petit guide à l’usage d’une Fatigue culturelle, concrétisé par la recension des tâches journalières du commissaire.

En l’occurrence, ce guide atteste de l’ensemble des obligations du commissaire relativement à l’élaboration et
la réalisation de Tout contexte est art, en plus de ses fonctions d’assistant à la direction de la galerie.

La Fatigue culturelle a ainsi voulu renverser les rôles habituellement établis entre l’artiste et le commissaire en octroyant à ce dernier la tâche de réaliser l’oeuvre. La Fatigue culturelle se faisait donc la commissaire du commissaire et celui-ci prenait le rôle de l’artiste, devant suivre les indications de la Fatigue culturelle et devant se prêter à l’échéancier serré imposé par le commissaire lui-même.

De plus, la Fatigue culturelle a investi la totalité de son cachet d’artiste (CARFAC) octroyé par la Galerie UQO pour la production du guide. Ainsi, chaque guide que les visiteurs prenaient avait directement un impact sur la condition de l’artiste.

La Fatigue culturelle dans les centres d’artistes du Québec

De septembre 2017 à février 2018, j’ai parcouru 40 centres d’artistes situés dans les 5 grands centres urbains du Québec (Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau, Saguenay-Lac-Saint-Jean) afin d’y réaliser des services-performances.

Les services-performances consistent à offrir du temps bénévole pour réaliser des tâches que les travailleurs culturels repoussent étant donné leur non-affectation à leur mandat principal. Souvent ménagers, ces services-performances ont un impact visuel humoristique et critique dû à leur documentation photographique.

Ceux-ci ont été publiés sur le site web de la Fatigue culturelle et sur sa page Facebook.

Poursuivant le désir de questionner l’industrialisation de la culture à travers des contextes spécifiques et des actions artistiques, le projet s’attarde à la condition des artistes faisant partie du réseau des centres d’artistes autogérés du Québec. Ces derniers représentant « une communauté d’intérêts de plus de 2 250 artistes professionnels et travailleurs culturels », il m’apparaissait donc nécessaire de réfléchir sur l’inclusion et l’exclusion qui émanent de ces statistiques. Quel acharnement personnel faut-il entreprendre avant d’être « inclus » dans ce réseau et à quel prix ?

J’ai aussi décidé de concentrer ce projet sur les centres d’artistes autogérés plus précisément puisqu’il me semblait qu’ils représentent des lieux d’expérimentations artistiques ouvrant leurs frontières à la relève et aux pratiques alternatives sensibles aux problématiques marginales. La difficulté pour les principaux concernés d’accéder à la programmation de ces centres en constitue donc un paradoxe à partir duquel ce projet se positionne.


Crédits photo : Marc-André Lefebvre

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La création de cette oeuvre a été rendue possible grâce à l’appui financier du Conseil des arts et des lettres du Québec.

CALQ

La Fatigue culturelle aide les Enfants de Chienne

Suite au succès du projet La Fatigue culturelle dans les centres d’artistes du Québec, le collectif Les Enfants de Chienne ont proposé une collaboration artistique. Ainsi, la Fatigue culturelle leur a offert de leur créer un dossier d’artistes à Artexte.


Crédits photo : Marc-André Lefebvre

Historique du projet

La Fatigue culturelle s’approprie le visuel et la nomenclature de la Fabrique culturelle pour ainsi interroger, de manière critique, les rouages de la vocation culturelle. Que l’on soit artiste ou travailleur culturel, l’entreprise a pour tâche de cibler les répercussions du désintérêt étatique sur les diverses et multiples parties qui composent le champ artistique.

La Fatigue culturelle s’approprie le visuel et la nomenclature de la Fabrique culturelle pour interroger, de manière critique, les rouages de la vocation culturelle. L’entreprise a pour tâche de cibler les répercussions de la précarité culturelle sur les diverses et multiples parties qui composent le champ artistique. Les réflexions qu’elle soulève reflètent différentes questions politiques actuelles qui suscitent en moi un vif intérêt par rapport à mes inquiétudes à la fois artistiques, sociales et idéologiques. Son programme est donc tout autant politique qu’artistique.

Curriculum vitae d’un gouvernement du désastre, 2015
Graphisme: Jasmin Cormier

Par le passé, la Fatigue culturelle a créé le curriculum vitae d’un gouvernement du désastre, répertoriant tous les affronts aux droits et libertés du gouvernement conservateur à partir de ses débuts au pouvoir. Avant d’être diffusé largement dans les réseaux sociaux et sur le web, ce curriculum vitae a été envoyé au parti conservateur, à la firme d’architectes ABSTRAK ainsi qu’à l’organisme Tribute to liberty, tous deux responsables de la mise en oeuvre du controversé monument aux victimes du communisme, à Ottawa. L’œuvre fut exposée à Axenéo7 à Gatineau dans le cadre de l’exposition collective Monuments aux victimes de la liberté.

Laver son linge sale en famille, 2015
Dans le cadre de la journée sans culture

La Fatigue culturelle a également été fière non-commanditaire de la journée sans culture pour laquelle elle a également offert un système de lavage de linge sale pour les artistes qui voulaient y participer. Un texte de réflexion a été publié dans la publication réalisée dans le cadre de cet événement : Troubler la fête, rallumer notre joie.